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Des bribes d’histoires, lambeaux d’un passé imaginaire, de passage dans l’esprit, puis perdues, oubliées, condamnées à ne jamais être, condamnées, qu’on damnait jadis pour leur trivialité.

Jouet des cauchemars, cauchemars déjoués, puis couchés, et retenus, perclus dans leur geôle le recueil.
Privé de liberté, fin muable d’un récit muet, il n’est fixe que par le matériel.

Sa geôlière l’encre pour seul compagne, elle deviendra son amie, qui tristement lui survivra, non mue qu’elle sera par le désir d’être connue. Elle le verra, aperçu, incompris, jusqu’à ce que fatiguée, elle ne puisse guère plus le retenir.

Et c’est dans son dernier souffle qu’elle pourra de ses yeux, le voir embrasser cette chère postérité.
Ami de toujours, oeuvre d’un jour.

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Idée d’instant, idée volante de Faerasgar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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Evasion, concentration. Le corps se concentre, l’esprit s’évade. Evasion.. Insouciance, monde abstrait, monde d’ailleurs, inaccessible obsedant du lieu miroitant. Tel un flambeau t’illuminant, comme un aimant te rapprochant.. non aimé du mal aimant, il est l’exil éphémère se consumant, qui chauffe les chaînes le retenant.

S’y enfoncer, en apprécier la caresse, la fragrance, le souffle si familier.. et se laisser bercer, loin, plus loin. Embarquer sur le voilier y accostant, en déployer les voiles, et le visage dans la brise n’avoir qu’un point de mire, refuge intouchable, prison détestable.

Obscurité, ou cécité.. berceau de l’intangible, égide de l’ailleurs face à l’ici, brûlant d’ardeur à officier.
Volant l’être face aux soucis, voilant l’astre une fois volé, il viole les lois du libre arbitre, fuyant toujours d’un très beau vol.

Evasion.. prescription.
Le temps passe et le présent vient, porté par l’être son vieil ami, taper la porte du presque-conscient, la bouche remplie de proscription.

Proscription..Démission.

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Evasion de Faerasgar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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Kaleck grattait la glace une fois de plus, la tête plaquée contre sa voûte. Le front plissé, les yeux baissés, des sillons en partant révélant les fantômes de lits taris depuis longtemps.
Il s’adossa contre la paroi et regarda une fois de plus sa prison de glace. En forme circulaire, l’intérieur était formé à la manière d’un Igloo, et, au delà de la glace, on pouvait voir toute une fresque d’images éthérées, défilant sans arrêt. De l’extérieur, par soucis d’esthétique, elle paraissait, pour lui seul qui pouvait la voir, comme une sorte de petite tour de glace, plus large que haute, semblant ne faire qu’un avec le paysage ou elle se trouvait.
Kaleck avait crée ce lieu d’exil des années auparavant, lassé, fatigué, mort d’une certaine manière. Véritable havre, lieu de sérénité ou il pourrait se reposer et observer ce qu’il veut, quand il veut, tout en restant à l’écart.
Seulement, le temps passant, son état ne s’améliora pas, et sa volonté déclina, tout juste eut-il encore la force de maintenir cette image purement magique au delà de ces murs, qui officiait comme le devrait toute personne heureuse et saine d’esprit, évitant au monde d’ouvrir les yeux sur la triste réalité, la réalité de cet exil et de ses murs froids.
Il voulait sortir, briser la glace et le silence, mais il n’en était plus capable, trop faible qu’il était devenu pour briser les barrières qu’il avait lui même dressé. Alors il pleurait, en silence, ne pouvant que regarder les hauts et les bas des personnages de la fresque, assistant aux actions éventuelles de l’avatar qui le remplaçait.
Sa prison n’était pas située sur un plan humainement discernable, aucune chance que quelqu’un la découvre. Et si lui, grand enchanteur, ne pouvait se libérer, alors.. qui le pourrait ?!
Il savait, mais ce savoir avait été perdu dans les recoins de son esprit, recouvert maintenant de la poussière des années.
Le sort était prêt. Il ne manquait que le dernier élément, lui.
Il rampa jusqu’au centre et se dressa sur ses genoux. Il murmura une série de sons gutturaux et retomba sur le sol comme un pantin désarticulé. Une fissure apparu alors dans la glace, puis une autre, un vent violent souffla à l’intérieur et tout ce qui se trouvait autour de Kaleck fut réduit en cendre en l’espace d’une seconde, la glace fondit alors et toute matière, son corps compris, fut entraînée dans un tourbillon de nuance de gris, interrompu par des images aléatoires, de sujets tous différents, certains appartenant au présent, d’autres au passé et même certains au futur.
Au milieu de ce déchaînement, le visage absent de l’enchanteur était serein, paisible.

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L’enchanteur désenchanté de Faerasgar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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Un lac d’eau sombre, entouré d’arbres et de roseaux, avançant en son sein: une passerelle. Un bourdonnement sourd. Il avance sur la passerelle, le coeur battant. Il est concentré et regarde l’eau à droite, à gauche, apeuré. Il voudrait reculer, s’enfuir, mais il avance, un pas après l’autre vers le bout, inéluctablement. Il arrive enfin au terme de sa marche, et sonde les profondeurs face à lui. Éternité d’un instant et l’eau se jette sur lui, modelée en un visage hurlant son désespoir, elle le heurte.
Il tombe dans le vide, regarde autour de lui, mais ne voit aucune prise, seulement l’interminable paroi de granit noir. Il jette un oeil sous ses pieds mais ne voit rien d’autre que le noir, perdu dans le noir. Et ça continue, il tombe, voit un visage familier. La créature lui tend la main, mais il ne peut la saisir, il est trop loin, alors il regarde la silhouette disparaître. Puis il heurte le vide.
Il rouvre les yeux et contemple sa femme, il lui tient la main et marche à ses côté, elle lui sourit. Il admire la perfection de ses traits, la grâce de ses mouvements, l’irrésistible lueur au fond de ses yeux. Alors qu’il cligne des yeux, il les rouvre sur une foule. Il voit quelque visage familiers, ses amis, les yeux brillants d’excitation. Sentant une brûlure à son coup, il lève une main et regarde la cible de leur intérêt. Une corde, un tabouret, un homme à ses côtés. L’homme fauche le tabouret d’un coup de pieds et le condamné tombe, il sent ses vertèbres céder et un voile sombre couvre sa vision.
Doucement, une lueur réapparaît, faible, puis plus forte, un flou, des voix lointaines, sourdes, kaléidoscope de couleurs vives lui brûlant les yeux, le flou se dissipe. Des visages.. il les connaît. Un masque de chirurgien, des paroles douces, distantes, un roulement sous lui et des néons défilant sous ses yeux. Une douleur à la poitrine. Il ferme les yeux. Un bip continu, puis le silence.
Il est au J.O, tenant un homme attaché à la cheville par une chaîne. Il regarde autour de lui, un cercle, une cage, des lignes parallèle sur l’étendue d’herbe face à lui.
Au loin, un homme lance des lampadaires au loin, qui se plantent dans le sol. Il dépasse une ligne lointaine, la foule l’acclame.
Sur la piste, des hommes courent, sautant à intervalles réguliers au dessus de grosses bombes, parfois l’un des coureurs rate son saut et explose, éparpillant ses restes sur la piste et le public. Les spectateurs jubilent, piaillent, et se battent pour en manger un morceau.
Il regarde à nouveau l’homme au bout de la chaîne, il le connaît.. il commence alors à tourner sur lui-même, traînant l’homme dans son sillage.
Il est face à son amour, elle lui sourit. Le soleil fait briller ses cheveux dorés. Il s’élance vers elle, mais ne parvient pas à la rejoindre, il accélère l’allure mais rien n’y fait, elle s’éloigne de plus en plus. Il la regarde à nouveau, elle est triste, elle se met à pleurer des larmes de sang. Il s’essouffle, trébuche.
Il est en chaise roulante, tout de blanc vêtu, et le soleil est haut dans le ciel. Un homme s’approche de lui, souriant, et murmure “ Tout ira mieux bientôt “, avant, à l’aide d’une seringue, de lui injecter un produit dans l’avant bras. Une vive douleur, puis le néant. Il rouvre les yeux, il est au sol. Il tente de se lever, mais échoue. Des feuilles tombent devant lui, il lève les yeux, l’arbre était en train de mourir. Les feuilles furent emportée par le vent. Une nouvelle douleur, il ferme les yeux.

Il rouvre les yeux, et se raidit, le corps recouvert de sueur. Il soupire et se détend. Il a froid. Il tourne la tête et voit les chiffres rouges dans le noir:
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Oneiric de Faerasgar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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Le petit bureau était chaud, très chaud, chauffé par une grosse cheminée encastrée dans le mur gauche. Face à cette dernière se trouvait un bureau en bois massif, sur lequel les flamme projetaient leur vives couleurs.
Le bureau supportait très peu d’éléments: une sorte de planche en bois légèrement inclinée, un encrier rempli d’un liquide noir comme les abîmes, une feuille racornie et jaunie posée sur la planche, et une sombre et étrange boule de fourrure reposant à côté d’une plume de métal noir finement travaillée.
La porte grinça sur ses gonds et un homme entra. Il était vêtu d’un vieux gilet sombre et d’un pantalon marron sans fioriture, et, malgré la chaleur ambiante, il portait une épaisse écharpe bleue-nuit.
Il abaissa la poignée et referma doucement la porte derrière lui, puis il se dirigea tout aussi doucement vers la grosse chaise face au bureau, comme un vieillard en proie à quelques mauvais rhumatismes.
Il atteignit enfin la chaise et s’y affala dans un soupir, avant de l’avancer pour s’installer au bureau et s’y enfoncer, les bras sur les accoudoirs. Son regard se perdit un instant dans l’agitation des flammes, avant de dériver vers la masse de fourrure sombre. Il tendit la main et caressa la chose en souriant.
Cette dernière s’étendit et le petit animal se retourna en s’étirant et en baillant à s’en rompre la mâchoire. Il mesurait dans les trente centimètres de long, et, si quasiment tout son corps était recouvert d’une fine fourrure noire aux reflets bleu, son ventre et le dessous de ses bras était nu et d’un rose très clair. Alors qu’il se levait en baillant à nouveau et en grattant son postérieur, un petit nuage de fumée s’échappa de sa bouche en passant entre ses canines démesurées. Il s’étira à nouveau en avisant l’homme et deux petites ailes recouvertes de fourrure jaillirent de son dos. Sa tête, elle, ressemblait à celle d’un chat, sans les moustaches, et à la différence près que ses dents étaient grossièrement humaines. Il soupira de contentement sous la caresse de son maître et alla se percher sur son épaule droite, ses petites jambes pendant dans le vide.
L’homme prit alors la plume et la trempa aussitôt dans l’encre. Il se pencha sur la feuille et commença alors à écrire: “ Mon nom a peu d’importance, et si je prends la plume ce soir, c’est pour y déposer une partie de moi que je ne souhaite pas garder, et qui, occultée, resterait et me rongerait. Il est donc capital d’en soulager la charge, car voyez-vous, cela à créé une brèche en moi, une brèche que je n’arrive pas à combler. Chaque jour passant apporte sa pierre à l’édifice, ce dernier destiné à en effondrer un autre. Un autre de toute une vie, ou de tout un passé, qui s’acharne sur l’attaquant pour le faire tomber, mais qui s’essouffle, et son souffle peine maintenant à soulever la poussière couvrant son ennemi. Il est des jours voyez-vous, ou la rage en chacun de nous s’épuise, et ou, vaincue, elle bat en retraite, couinant telle une chienne battue, dans l’attente d’une guérison, et d’un rêvé retour en force. Alors, l’espoir s’éteint.. bougie soufflée attendant d’être rallumée, mais le temps passe, et la poussière en jouit …”
L’homme s’arrêtait régulièrement pour remettre de l’encre sur la plume métallique, et parfois en plein milieu d’une phrase son esprit s’égarait et il restait immobile, la plume suspendue dans l’air, le regard perdu.
Il sorti d’une de ces torpeurs et reprit: “ Mes forces m’abandonnent, la fatigue me harcèle, et la folie me guette mais.. “
Il écrivit encore quelques phrases, toujours ponctuées de ses absences ou de la nécessite d’appliquer à nouveau de l’encre sur la plume.
Alors qu’il réitérait cette dernière opération une fois de plus il manqua sa cible, et l’encre déversa tout son contenu sur la feuille. Il lâcha la plume immédiatement, et d’un geste las, se massa les tempes en soupirant lourdement.
Le petit être jusque là sur son épaule sauta de l’autre côté de la feuille et goûta l’encre du bout de sa langue fourchue, avant de la cracher, une affreuse grimace peinte sur la figure.
Alors, l’homme rit franchement et, après une tape sur la petite tête de la créature, saisit la feuille d’un geste vif et se leva, comme mut d’un nouvelle énergie. Il se dirigea vers la porte d’un pas rapide et dans la foulée jeta la feuille dans les flammes d’un geste négligent. L’énergie de l’homme était à présent tout autre, et quand il se retourna et s’adressa à la créature, sa voix était forte: “ Viens, Ezh ! “
Le démon regarda son interlocuteur sans trop comprendre ce changement d’attitude, bien qu’il y fut habitué, et dans ses yeux on put voir se refléter l’image d’un homme jeune, dans la force de l’âge, mais dont le faciès était rongé par la fatigue et la lassitude.
Le petit être émit un gazouillis de joie et se précipita sur l’épaule de son maître qui se glissa dans l’ouverture de la porte d’un pas vif, la claquant derrière lui.
Sous la violence de l’impact, un livre tomba de l’étagère adjacente à la porte. Le volume était d’un rouge passé, et sur sa couverture on pouvait distinguer vaguement quelques lettres dorées à demi-effacées: “ Légendes “.

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Egarement de Faerasgar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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