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Il faisait nuit, il était seul, assis en tailleur au centre d’une clairière, jetant par moment des brindilles sèches dans le feu qui se dressait devant lui. Appréciant le silence, ponctué des craquements du bois sec sous les assauts de la flamme, ou du léger bruissement des feuilles sous le vent.
Seul.
A écouter le doux clapotement de l’eau dans le ruisseau à proximité, le hululement des chouettes et la course effrénée des animaux nocturnes.
Il sorti de son sac deux brochettes sur lesquelles étaient empalés de bons morceaux de boeuf frais qu’il couvrit d’herbes, en offrant ensuite la saveur crue au feu vorace. Il les retira un moment plus tard, la douce odeur des herbes attisant son appétit, et se fit seul un festin des deux.
Puis, il s’allongea sur une couverture, les mains croisées derrières la tête, cette dernière regardant les étoiles. Des étoiles scintillantes, à l’inverse de celles qui l’occupaient, brillant d’un espoir qu’elles ne pouvaient transmettre. Puis la lune, blafarde comme ayant perdu son éclat parmi ses soeurs, mais seule, comme son spectateur.
Il s’endormit finalement, et fit un rêve magnifique, dont il se réveilla en sursaut. Il tourna la tête à droite, à gauche, puis la secoua, non, personne.
Seul pour admirer le lever de l’astre solaire, embrasant la fracture de l’horizon, diffusant sa lumière pourpre teintée de jaune parmi les cimes et les troncs, halo que la multitude de feuilles, couvertes de la rosée du matin, ré.fléchissaient avec fierté.
Il souri, non sans peine, sorti son couteau, et déjeuna d’une pomme et de pain frais, appréciant la caresse de l’éveil de l’astre. Puis il fit lentement tourner la lame de son couteau, qui, jouant avec le soleil, scintillait à présent d’un rouge intense, il se rallongea enfin et ferma les yeux
Le sang de ses poignets alla lécher les vestiges du feu de sa nuit.

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Mélancolie de Faerasgar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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Des bribes d’histoires, lambeaux d’un passé imaginaire, de passage dans l’esprit, puis perdues, oubliées, condamnées à ne jamais être, condamnées, qu’on damnait jadis pour leur trivialité.

Jouet des cauchemars, cauchemars déjoués, puis couchés, et retenus, perclus dans leur geôle le recueil.
Privé de liberté, fin muable d’un récit muet, il n’est fixe que par le matériel.

Sa geôlière l’encre pour seul compagne, elle deviendra son amie, qui tristement lui survivra, non mue qu’elle sera par le désir d’être connue. Elle le verra, aperçu, incompris, jusqu’à ce que fatiguée, elle ne puisse guère plus le retenir.

Et c’est dans son dernier souffle qu’elle pourra de ses yeux, le voir embrasser cette chère postérité.
Ami de toujours, oeuvre d’un jour.

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Evasion, concentration. Le corps se concentre, l’esprit s’évade. Evasion.. Insouciance, monde abstrait, monde d’ailleurs, inaccessible obsedant du lieu miroitant. Tel un flambeau t’illuminant, comme un aimant te rapprochant.. non aimé du mal aimant, il est l’exil éphémère se consumant, qui chauffe les chaînes le retenant.

S’y enfoncer, en apprécier la caresse, la fragrance, le souffle si familier.. et se laisser bercer, loin, plus loin. Embarquer sur le voilier y accostant, en déployer les voiles, et le visage dans la brise n’avoir qu’un point de mire, refuge intouchable, prison détestable.

Obscurité, ou cécité.. berceau de l’intangible, égide de l’ailleurs face à l’ici, brûlant d’ardeur à officier.
Volant l’être face aux soucis, voilant l’astre une fois volé, il viole les lois du libre arbitre, fuyant toujours d’un très beau vol.

Evasion.. prescription.
Le temps passe et le présent vient, porté par l’être son vieil ami, taper la porte du presque-conscient, la bouche remplie de proscription.

Proscription..Démission.

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Kaleck grattait la glace une fois de plus, la tête plaquée contre sa voûte. Le front plissé, les yeux baissés, des sillons en partant révélant les fantômes de lits taris depuis longtemps.
Il s’adossa contre la paroi et regarda une fois de plus sa prison de glace. En forme circulaire, l’intérieur était formé à la manière d’un Igloo, et, au delà de la glace, on pouvait voir toute une fresque d’images éthérées, défilant sans arrêt. De l’extérieur, par soucis d’esthétique, elle paraissait, pour lui seul qui pouvait la voir, comme une sorte de petite tour de glace, plus large que haute, semblant ne faire qu’un avec le paysage ou elle se trouvait.
Kaleck avait crée ce lieu d’exil des années auparavant, lassé, fatigué, mort d’une certaine manière. Véritable havre, lieu de sérénité ou il pourrait se reposer et observer ce qu’il veut, quand il veut, tout en restant à l’écart.
Seulement, le temps passant, son état ne s’améliora pas, et sa volonté déclina, tout juste eut-il encore la force de maintenir cette image purement magique au delà de ces murs, qui officiait comme le devrait toute personne heureuse et saine d’esprit, évitant au monde d’ouvrir les yeux sur la triste réalité, la réalité de cet exil et de ses murs froids.
Il voulait sortir, briser la glace et le silence, mais il n’en était plus capable, trop faible qu’il était devenu pour briser les barrières qu’il avait lui même dressé. Alors il pleurait, en silence, ne pouvant que regarder les hauts et les bas des personnages de la fresque, assistant aux actions éventuelles de l’avatar qui le remplaçait.
Sa prison n’était pas située sur un plan humainement discernable, aucune chance que quelqu’un la découvre. Et si lui, grand enchanteur, ne pouvait se libérer, alors.. qui le pourrait ?!
Il savait, mais ce savoir avait été perdu dans les recoins de son esprit, recouvert maintenant de la poussière des années.
Le sort était prêt. Il ne manquait que le dernier élément, lui.
Il rampa jusqu’au centre et se dressa sur ses genoux. Il murmura une série de sons gutturaux et retomba sur le sol comme un pantin désarticulé. Une fissure apparu alors dans la glace, puis une autre, un vent violent souffla à l’intérieur et tout ce qui se trouvait autour de Kaleck fut réduit en cendre en l’espace d’une seconde, la glace fondit alors et toute matière, son corps compris, fut entraînée dans un tourbillon de nuance de gris, interrompu par des images aléatoires, de sujets tous différents, certains appartenant au présent, d’autres au passé et même certains au futur.
Au milieu de ce déchaînement, le visage absent de l’enchanteur était serein, paisible.

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L’enchanteur désenchanté de Faerasgar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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Un lac d’eau sombre, entouré d’arbres et de roseaux, avançant en son sein: une passerelle. Un bourdonnement sourd. Il avance sur la passerelle, le coeur battant. Il est concentré et regarde l’eau à droite, à gauche, apeuré. Il voudrait reculer, s’enfuir, mais il avance, un pas après l’autre vers le bout, inéluctablement. Il arrive enfin au terme de sa marche, et sonde les profondeurs face à lui. Éternité d’un instant et l’eau se jette sur lui, modelée en un visage hurlant son désespoir, elle le heurte.
Il tombe dans le vide, regarde autour de lui, mais ne voit aucune prise, seulement l’interminable paroi de granit noir. Il jette un oeil sous ses pieds mais ne voit rien d’autre que le noir, perdu dans le noir. Et ça continue, il tombe, voit un visage familier. La créature lui tend la main, mais il ne peut la saisir, il est trop loin, alors il regarde la silhouette disparaître. Puis il heurte le vide.
Il rouvre les yeux et contemple sa femme, il lui tient la main et marche à ses côté, elle lui sourit. Il admire la perfection de ses traits, la grâce de ses mouvements, l’irrésistible lueur au fond de ses yeux. Alors qu’il cligne des yeux, il les rouvre sur une foule. Il voit quelque visage familiers, ses amis, les yeux brillants d’excitation. Sentant une brûlure à son coup, il lève une main et regarde la cible de leur intérêt. Une corde, un tabouret, un homme à ses côtés. L’homme fauche le tabouret d’un coup de pieds et le condamné tombe, il sent ses vertèbres céder et un voile sombre couvre sa vision.
Doucement, une lueur réapparaît, faible, puis plus forte, un flou, des voix lointaines, sourdes, kaléidoscope de couleurs vives lui brûlant les yeux, le flou se dissipe. Des visages.. il les connaît. Un masque de chirurgien, des paroles douces, distantes, un roulement sous lui et des néons défilant sous ses yeux. Une douleur à la poitrine. Il ferme les yeux. Un bip continu, puis le silence.
Il est au J.O, tenant un homme attaché à la cheville par une chaîne. Il regarde autour de lui, un cercle, une cage, des lignes parallèle sur l’étendue d’herbe face à lui.
Au loin, un homme lance des lampadaires au loin, qui se plantent dans le sol. Il dépasse une ligne lointaine, la foule l’acclame.
Sur la piste, des hommes courent, sautant à intervalles réguliers au dessus de grosses bombes, parfois l’un des coureurs rate son saut et explose, éparpillant ses restes sur la piste et le public. Les spectateurs jubilent, piaillent, et se battent pour en manger un morceau.
Il regarde à nouveau l’homme au bout de la chaîne, il le connaît.. il commence alors à tourner sur lui-même, traînant l’homme dans son sillage.
Il est face à son amour, elle lui sourit. Le soleil fait briller ses cheveux dorés. Il s’élance vers elle, mais ne parvient pas à la rejoindre, il accélère l’allure mais rien n’y fait, elle s’éloigne de plus en plus. Il la regarde à nouveau, elle est triste, elle se met à pleurer des larmes de sang. Il s’essouffle, trébuche.
Il est en chaise roulante, tout de blanc vêtu, et le soleil est haut dans le ciel. Un homme s’approche de lui, souriant, et murmure “ Tout ira mieux bientôt “, avant, à l’aide d’une seringue, de lui injecter un produit dans l’avant bras. Une vive douleur, puis le néant. Il rouvre les yeux, il est au sol. Il tente de se lever, mais échoue. Des feuilles tombent devant lui, il lève les yeux, l’arbre était en train de mourir. Les feuilles furent emportée par le vent. Une nouvelle douleur, il ferme les yeux.

Il rouvre les yeux, et se raidit, le corps recouvert de sueur. Il soupire et se détend. Il a froid. Il tourne la tête et voit les chiffres rouges dans le noir:
00:15

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Oneiric de Faerasgar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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