Oneiric

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Un lac d’eau sombre, entouré d’arbres et de roseaux, avançant en son sein: une passerelle. Un bourdonnement sourd. Il avance sur la passerelle, le coeur battant. Il est concentré et regarde l’eau à droite, à gauche, apeuré. Il voudrait reculer, s’enfuir, mais il avance, un pas après l’autre vers le bout, inéluctablement. Il arrive enfin au terme de sa marche, et sonde les profondeurs face à lui. Éternité d’un instant et l’eau se jette sur lui, modelée en un visage hurlant son désespoir, elle le heurte.
Il tombe dans le vide, regarde autour de lui, mais ne voit aucune prise, seulement l’interminable paroi de granit noir. Il jette un oeil sous ses pieds mais ne voit rien d’autre que le noir, perdu dans le noir. Et ça continue, il tombe, voit un visage familier. La créature lui tend la main, mais il ne peut la saisir, il est trop loin, alors il regarde la silhouette disparaître. Puis il heurte le vide.
Il rouvre les yeux et contemple sa femme, il lui tient la main et marche à ses côté, elle lui sourit. Il admire la perfection de ses traits, la grâce de ses mouvements, l’irrésistible lueur au fond de ses yeux. Alors qu’il cligne des yeux, il les rouvre sur une foule. Il voit quelque visage familiers, ses amis, les yeux brillants d’excitation. Sentant une brûlure à son coup, il lève une main et regarde la cible de leur intérêt. Une corde, un tabouret, un homme à ses côtés. L’homme fauche le tabouret d’un coup de pieds et le condamné tombe, il sent ses vertèbres céder et un voile sombre couvre sa vision.
Doucement, une lueur réapparaît, faible, puis plus forte, un flou, des voix lointaines, sourdes, kaléidoscope de couleurs vives lui brûlant les yeux, le flou se dissipe. Des visages.. il les connaît. Un masque de chirurgien, des paroles douces, distantes, un roulement sous lui et des néons défilant sous ses yeux. Une douleur à la poitrine. Il ferme les yeux. Un bip continu, puis le silence.
Il est au J.O, tenant un homme attaché à la cheville par une chaîne. Il regarde autour de lui, un cercle, une cage, des lignes parallèle sur l’étendue d’herbe face à lui.
Au loin, un homme lance des lampadaires au loin, qui se plantent dans le sol. Il dépasse une ligne lointaine, la foule l’acclame.
Sur la piste, des hommes courent, sautant à intervalles réguliers au dessus de grosses bombes, parfois l’un des coureurs rate son saut et explose, éparpillant ses restes sur la piste et le public. Les spectateurs jubilent, piaillent, et se battent pour en manger un morceau.
Il regarde à nouveau l’homme au bout de la chaîne, il le connaît.. il commence alors à tourner sur lui-même, traînant l’homme dans son sillage.
Il est face à son amour, elle lui sourit. Le soleil fait briller ses cheveux dorés. Il s’élance vers elle, mais ne parvient pas à la rejoindre, il accélère l’allure mais rien n’y fait, elle s’éloigne de plus en plus. Il la regarde à nouveau, elle est triste, elle se met à pleurer des larmes de sang. Il s’essouffle, trébuche.
Il est en chaise roulante, tout de blanc vêtu, et le soleil est haut dans le ciel. Un homme s’approche de lui, souriant, et murmure “ Tout ira mieux bientôt “, avant, à l’aide d’une seringue, de lui injecter un produit dans l’avant bras. Une vive douleur, puis le néant. Il rouvre les yeux, il est au sol. Il tente de se lever, mais échoue. Des feuilles tombent devant lui, il lève les yeux, l’arbre était en train de mourir. Les feuilles furent emportée par le vent. Une nouvelle douleur, il ferme les yeux.

Il rouvre les yeux, et se raidit, le corps recouvert de sueur. Il soupire et se détend. Il a froid. Il tourne la tête et voit les chiffres rouges dans le noir:
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