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Le petit bureau était chaud, très chaud, chauffé par une grosse cheminée encastrée dans le mur gauche. Face à cette dernière se trouvait un bureau en bois massif, sur lequel les flamme projetaient leur vives couleurs.
Le bureau supportait très peu d’éléments: une sorte de planche en bois légèrement inclinée, un encrier rempli d’un liquide noir comme les abîmes, une feuille racornie et jaunie posée sur la planche, et une sombre et étrange boule de fourrure reposant à côté d’une plume de métal noir finement travaillée.
La porte grinça sur ses gonds et un homme entra. Il était vêtu d’un vieux gilet sombre et d’un pantalon marron sans fioriture, et, malgré la chaleur ambiante, il portait une épaisse écharpe bleue-nuit.
Il abaissa la poignée et referma doucement la porte derrière lui, puis il se dirigea tout aussi doucement vers la grosse chaise face au bureau, comme un vieillard en proie à quelques mauvais rhumatismes.
Il atteignit enfin la chaise et s’y affala dans un soupir, avant de l’avancer pour s’installer au bureau et s’y enfoncer, les bras sur les accoudoirs. Son regard se perdit un instant dans l’agitation des flammes, avant de dériver vers la masse de fourrure sombre. Il tendit la main et caressa la chose en souriant.
Cette dernière s’étendit et le petit animal se retourna en s’étirant et en baillant à s’en rompre la mâchoire. Il mesurait dans les trente centimètres de long, et, si quasiment tout son corps était recouvert d’une fine fourrure noire aux reflets bleu, son ventre et le dessous de ses bras était nu et d’un rose très clair. Alors qu’il se levait en baillant à nouveau et en grattant son postérieur, un petit nuage de fumée s’échappa de sa bouche en passant entre ses canines démesurées. Il s’étira à nouveau en avisant l’homme et deux petites ailes recouvertes de fourrure jaillirent de son dos. Sa tête, elle, ressemblait à celle d’un chat, sans les moustaches, et à la différence près que ses dents étaient grossièrement humaines. Il soupira de contentement sous la caresse de son maître et alla se percher sur son épaule droite, ses petites jambes pendant dans le vide.
L’homme prit alors la plume et la trempa aussitôt dans l’encre. Il se pencha sur la feuille et commença alors à écrire: “ Mon nom a peu d’importance, et si je prends la plume ce soir, c’est pour y déposer une partie de moi que je ne souhaite pas garder, et qui, occultée, resterait et me rongerait. Il est donc capital d’en soulager la charge, car voyez-vous, cela à créé une brèche en moi, une brèche que je n’arrive pas à combler. Chaque jour passant apporte sa pierre à l’édifice, ce dernier destiné à en effondrer un autre. Un autre de toute une vie, ou de tout un passé, qui s’acharne sur l’attaquant pour le faire tomber, mais qui s’essouffle, et son souffle peine maintenant à soulever la poussière couvrant son ennemi. Il est des jours voyez-vous, ou la rage en chacun de nous s’épuise, et ou, vaincue, elle bat en retraite, couinant telle une chienne battue, dans l’attente d’une guérison, et d’un rêvé retour en force. Alors, l’espoir s’éteint.. bougie soufflée attendant d’être rallumée, mais le temps passe, et la poussière en jouit …”
L’homme s’arrêtait régulièrement pour remettre de l’encre sur la plume métallique, et parfois en plein milieu d’une phrase son esprit s’égarait et il restait immobile, la plume suspendue dans l’air, le regard perdu.
Il sorti d’une de ces torpeurs et reprit: “ Mes forces m’abandonnent, la fatigue me harcèle, et la folie me guette mais.. “
Il écrivit encore quelques phrases, toujours ponctuées de ses absences ou de la nécessite d’appliquer à nouveau de l’encre sur la plume.
Alors qu’il réitérait cette dernière opération une fois de plus il manqua sa cible, et l’encre déversa tout son contenu sur la feuille. Il lâcha la plume immédiatement, et d’un geste las, se massa les tempes en soupirant lourdement.
Le petit être jusque là sur son épaule sauta de l’autre côté de la feuille et goûta l’encre du bout de sa langue fourchue, avant de la cracher, une affreuse grimace peinte sur la figure.
Alors, l’homme rit franchement et, après une tape sur la petite tête de la créature, saisit la feuille d’un geste vif et se leva, comme mut d’un nouvelle énergie. Il se dirigea vers la porte d’un pas rapide et dans la foulée jeta la feuille dans les flammes d’un geste négligent. L’énergie de l’homme était à présent tout autre, et quand il se retourna et s’adressa à la créature, sa voix était forte: “ Viens, Ezh ! “
Le démon regarda son interlocuteur sans trop comprendre ce changement d’attitude, bien qu’il y fut habitué, et dans ses yeux on put voir se refléter l’image d’un homme jeune, dans la force de l’âge, mais dont le faciès était rongé par la fatigue et la lassitude.
Le petit être émit un gazouillis de joie et se précipita sur l’épaule de son maître qui se glissa dans l’ouverture de la porte d’un pas vif, la claquant derrière lui.
Sous la violence de l’impact, un livre tomba de l’étagère adjacente à la porte. Le volume était d’un rouge passé, et sur sa couverture on pouvait distinguer vaguement quelques lettres dorées à demi-effacées: “ Légendes “.

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Une pluie battante tombait sur la cathédrale et trempait les passants au pieds de cette dernière, le froid s’infiltrant à travers les chauds vêtements.
La cathédrale, de style baroque et de pierre sombre, surplombait la ville de toute sa hauteur, 5 gargouilles semblant faire le guet sur la large rambarde d’une corniche, à son sommet.
Sur la rambarde, adossé au flanc de la gargouille centrale, un homme d’âge indéfinissable était assis, son bras droit reposant sur sa jambe repliée, la jambe gauche à moitié repliée appuyée sur le flanc de la gargouille adjacente.
L’homme portait un long manteau de cuir noir dont les pans flottaient dans le vide, reposant sur une chemise de la même couleur, qui laissait deviner de part son col ouvert un torse et des épaules enserrés dans de larges bandes de tissu sombre. Son pantalon, noir lui aussi, était ample, en coton, et le bas déchiré dévoilait des mollets massifs recouverts de ces mêmes bandes sombres, jusqu’au niveau de la cheville ou quelques unes s’étiraient pour s’enrouler sous la voûte plantaire.
Ses long et épais cheveux, d’un noir de jais, tombaient jusqu’au bas de son dos, excepté deux larges mèches sur le devant qui s’arrêtaient à la mâchoire, encadrant un visage ovale, ou deux yeux d’un vert étincelant contrastaient avec la pâleur de son visage et la teinte de ses vêtements.

Il regardait les passants déambuler dans la rue en contrebas, passant de l’un à l’autre, aucune lassitude ne semblant s’emparer de ses trais. Après un moment, il leva la tête et plissa les yeux, comme pour discerner quelque chose dans l’air, et l’instant d’après l’air sembla se comprimer avant d’expulser une rose d’un rouge intense. L’homme la saisit en plein vol de la main droite et joua quelques instants avec, la faisant tourner sur elle même entre son pouce et son index, puis, d’un mouvement fluide du poignet, il l’envoya dans sa main gauche qui s’en empara. Instantanément, comme si la vie de la rose défilait devant ses yeux, ses bords jaunirent avant de devenir noirs et ses pétales se racornirent, se décolorant dans le processus jusqu’à n’être plus qu’une boule couleur cendre, supportée par une tige de la même teinte. Du mouvement du poignet inverse, il renvoya la fleur dans la main droite et, comme nourrie du vide, la tige commença à retrouver sa teinte verte qui s’étendit jusqu’à la base de la fleur, et la boule froissée s’ouvrit alors, permettant aux pétales de s’étirer, se gorgeant de nouveau de cette couleur pourpre qui avait été leur, comme si ils se nourrissaient des fluides vitaux de la main. L’individu ne put réprimer un sourire devant le spectacle auquel il s’attendait.
Un bruit de succion retentit sur la gauche et le sourire quitta son visage, il ne tourna pas pour autant la tête et une voix se fit entendre, grave et enjouée:
“- Toujours aussi nostalgique, Lyxio, n’est-ce pas ?
Lyxio tourna la tête et se fendit d’un sourire:
- Il fut un temps en effet ou le temps passait plus vite, quand l’esprit des êtres était plus fort, quand tout ces vices n’existaient que peu, noyés dans une masse d’intelligence et de respect, ou contraint de réprimer leurs envies par crainte de nos représailles. En effet, ce temps me manque.. mais je ne peux me résigner à les laisser, ne serait-ce que pour le peu d’entre eux qui sont un semblant de ce que furent leur prédécesseurs.
- C’était il y a bien longtemps Lyxio, et aucun d’entre nous n’aurait pu prévoir ce que Baal s’apprêtait à faire. Même si il n’est plus, il a entraîné avec lui tout ceux qu’il méprisait. Je suppose en revanche qu’il n’avait pas prévu que l’écosystème reprendrait et que de ce nouveau départ naîtraient des milliards d’années plus tard ces insectes, là en bas, qui ne sont que de pâles caricatures de ce que furent les Elzars. Il est trop tard Lyxio, même tes talents ne pourront avoir d’impact sur eux, ils ont reniés leur nature, ce qui les a crée de toute pièce, qui les a protégé, nourri, et émerveillé.
Leurs action ruinent tout ce qu’il y avait de plus beau ici, et leur arrogance les mènera à leur perte, ils se détruiront et dans longtemps, quand la nature aura repris ses droits et que toute trace de leur présence aura disparue, nous reviendront ici, peut-être verront nous à nouveau l’apparition de ces êtres magiques qui dans l’esprit de ces êtres ne sont que légendes.

Tandis qu’il parlait, Lyxio agitait sa main dans un sens et dans l’autre, amortissant la chute d’un homme, déviant le poing d’un autre sur le mur derrière sa cible, lui fracturant les os au passage, ou encore soulageant le mal de tête d’un passant, éradiquant le cancer d’une jeune femme…
Il s’interrompit pour répondre:
- Tu as certainement raison, mais certains peuvent nous voir, déformés peut-être, et faisant naître de sombre histoires qui hantent les nuits de certains, mais cela prouve qu’il y a peut-être un peu d’espoir. Que toute originalité n’a pas quittée leur âme et qu’elle leur permet parfois de voir ce que leur esprit refuse de voir maintenant.
- Non, tu as faux mon ami, il n’y a pas plus de vue en eux que de raison dans leur âme ou d’oiseaux dans leur ciel, répondit le petit gros tristement
- J’ai toujours été là pour eux, tu entends ?! Toujours ! Et regarde-les ! Hurla soudainement Lyxio, comme mu par une double personnalité. Non, non, il faudrait leur donner une leçon pour leur faire comprendre qu’il est des choses qu’il ne peuvent maîtriser !
Alors qu’il finissait sa phrase, il envoya ses mains voler à droite, à gauche, et les passants s’effondraient, en proie à un coeur qui lâche avant d’ajouter:
-Je n’en peux plus mon ami, regarde-les, souviens-toi de ce monde tel qu’il était avant.
Une fumée rouge sembla s’extirper de dessous ses paupière pour recouvrir ses yeux et se consolider en un voile rouge, opaque et il reprit d’une voix sépulcrale:
- Ils ont tout détruit..il est temps de payer…
Il leva un bras et un bâtiments s’effondra, maintenant à distance son ami de son autre bras. Puis, relâchant sa contrainte, il joignit les deux mains et les éleva vers le haut, provoquant l’explosion de la centrale nucléaire.
Le petit être courut vers lui et d’autres vinrent depuis l’autre côté du réel, projetant des entraves sur Lyxio. Ce dernier, immobilisé, regarda son ami, le visage déformé par la colère.
- Tu ne peux faire ça Lyxio, ce n’est pas notre problème, les Espirits ne permettront pas que nous nous mêlions des affaires d’autres mondes, tu as déjà vu leur réaction pour tchernobyl, et les humains n’ont pas changés pour autant, et tu as bien assez vu de renis de l’originalité pour savoir qu’ils continueront de s’enfoncer dans la conformité et de sombrer. Retournons à Ezrol, et ne revenons plus jamais ici, l’armée à besoin de toi là bas, la guerre se prépare et nous ne pouvons nous passer de gens tels que toi.
Le voile rouge quitta les yeux verts de Lyxio et ses traits exprimèrent une déception et une lassitude d’une intensité déconcertante, soudaine et inédite. Puis il hocha la tête, résigné, il se tourna une dernière fois, regardant la cité dévastée.
Sur ce, le groupe disparu, un vent violent se déchaînant à leur suite, soufflant dans toutes les directions au dessus de New York..

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La pièce était chaleureuse, bien que sombre. Seules les flammes vives s’agitant dans l’âtre manifestaient une quelconque agitation. Et pourtant, les ombres dansant sur son visage, l’homme était là, assis, immobile, s’abîmant dans la contemplation du feu. Ses yeux, grands ouverts, semblant y voir un autre monde. Il soupira et s’extirpa de sa contemplation pour reporter son attention sur un vieux livre à ses côtés, sur une table basse. Le livre était très épais, et sa couverture, usée, était maintenant d’un rouge délavé, passé, ayant pour seul ornement quelques lettres dorées, à demi effacées: “ Legendes “. L’écriture, bien que de taille correcte, y était très serrée et d’une encre sombre, apposée sur un papier jaunis par le temps, comme ranimé par la douce lumière des flammes.
Un mince sourire, furtif, vint étirer la bouche d’Iroh et délicatement il ouvrit le volume à la page voulue avant de commencer à lire.
Iroh n’était pas vieux, bien que son masque de lassitude et de solitude s’évertua à indiquer le contraire. Le silence était complet, si ce n’est le grésillement des braises dans l’âtre, et seules les pages tournées semblaient vouloir perturber ce moment hors du temps.
Une petite heure plus tard, le lecteur ferma l’objet de son attention, il sourit, l’air nostalgique avant de le reposer sur la table basse et de s’allonger.

Quand il s’endormit enfin, le feu n’était plus que nombreuses braises rougeoyantes. Il souriait.

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- Je vais te montrer 5 images, et successivement, tu vas me dire à quoi tu penses en les regardant …

L’Homme reporta son attention sur les cinq feuillets disposés devant lui, passant de l’un à l’autre, les examinant l’un après l’autre sans hâte. Il arrêta au bout d’une vingtaine de secondes son regard sur l’image centrale, puis, d’un mouvement fluide, il redressa la tête et leva les yeux vers l’être se tenant face à lui avant d’articuler sur un ton neutre:

“- La peur, la colère, la tristesse, et l’ignorance..

- Allons, allons, soyons sérieux, je ne vous demande pas de me citer des états et des sentiments, mais de me dire ce que vous inspirent ces images.

- Vous m’avez demandé à quoi je pensais en examinant ces images, pas ce à quoi elle me font penser ou ce qu’elles m’inspirent.

- Soit, et que t’évoquent-elles, donc ?!

- Rien.

- Je vois “, murmura t’il, tandis qu’il s’enfonçait dans son fauteuil,le regard vide.

Puis, toujours perdu dans ses pensées, il lui demanda de le suivre dans la salle adjacente. Il désigna alors le tableau accroché au mur et répéta:

“ Que t’évoque ce tableau ? “.

L’Homme se concentra sur le tableau, muet. Après seulement quelques secondes il expira lentement avant de répondre:

“ Rien. “

Il retourna sans un mot dans la pièce précédente et la vitre de la baie vitrée céda brutalement, permettant à une unique balle dorée de se frayer un chemin jusqu’au coeur de l’Homme qui s’effondra sur le bureau.

Tandis que l’autre se précipitait à ses côtés, l’Homme lui sourit et brandit lentement le 5e feuillet devant lui en murmurant dans son dernier souffle “ La joie “.

L’étreinte de sa main gauche céda alors immédiatement, libérant un unique papier froissé ou on pouvait lire en lettres rouges:

“Not Hidden Anymore”

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David rentrait chez lui pour profiter de son week end, comme chaque vendredi soir en coupant par les petites ruelles, fidèle à son habitude. Seulement, ce vendredi fut un jour particulier. Alors qu’il dépassait un groupe de jeunes imbibés d’alcool, le plus âgé – ayant atteint la majorité – l’interpella.
“- Hé, toi là, avec tes vêtements multicolores, viens voir.”
David, de nature sociable et un peu naïf rejoignit tranquillement le petit groupe. A peine eut-il atteint celui qui l’avait interpellé, un sourire sincère aux lèvres, que ce dernier lui décochait un crochet du droit puissant, envoyant son corps svelte mais peu musclé sur le mur d’en face, lui brisant la mâchoire. Les jeunes rigolèrent et se mirent alors à donner des coups de pieds sans retenue dans le corps déjà meurtri de David, enhardi qu’ils étaient par les effets de l’alcool fort. Ce dernier peinant à se protéger, subissant plusieurs fractures, fut retrouvé à l’aube, inconscient, baignant dans son urine. David resta 8 jours en hôpital, tant son corps devait récupérer.
Quand il sorti de l’hôpital, David n’était plus le même. Alors qu’il était si naïf, il se mit à se méfier de tout le monde. Lui qui était si assidu, se mit à sécher ses heures d’arts appliqués. Sa sociabilité si naturelle, ne fut plus qu’hypocrisie en puissance, et le seul aspect inchangé de sa personne furent ses vêtements aux couleurs criardes et variées, ainsi que son visage supportant une tignasse coupée ras, brune, de la même couleur que ses yeux.
David était tout sauf stupide, et il consacrait beaucoup de son temps à comprendre les mécanismes qui régissent le corps humain. Science qui se reportait dans sa passion pour les marionnettes, lui même étant d’ailleurs marionnettiste hors pair. Perfectionniste acharné, il s’évertuait chaque soir à perfectionner sa technique et sa maîtrise de ses pantins, ainsi qu’à détailler chaque mouvement de l’être humain.
Un soir qu’il rentrait chez lui, ruminant sa haine des hommes, chez qui depuis son agression il décelait le moindre vice, la moindre fêlure ( analyse toujours dissimulée derrière sa sociabilité feint ) vit de loin sa baie vitrée ouverte. Il se précipita alors à l’intérieur de sa demeure, le coeur battant la chamade, le numéro de la police déjà composé sur son téléphone brandi dans sa main droite.
Son appel ne trouva jamais de destinataire, interrompu par le fracas brutal du téléphone sur le sol. David était fasciné, là ou 2 min plus tôt régnait la pénombre, baignée par la lune, était dressée sur le rebord de sa terrasse une personne.

La jeune femme le regardait, le sourire au lèvres. La toge blanche à capuche qu’elle portait semblait luire sous la pâle lumière de la lune. Cette toge, dont les manches étaient élargies, était ceinte d’une cape de la même teinte dont l’attache consistait en une fine chaîne en fer. Son visage bronzé, aux traits d’une finesse remarquable, était encadré de longs cheveux d’un violet foncé tirant sur le bleu, une mèche effilée dissimulant la partie droite de son front, au dessous duquel brillait deux yeux d’un gris profond aux reflets azurés. A ses hanches passait une ceinture en lin, d’un bleu intense, dont les extrémités dorées pendaient au côté gauche.
Son poignet gauche portait deux fins bracelets d’or, et plusieurs bagues d’argent ornaient ses mains. Son pied droit, nu comme le gauche, portait lui aussi un bracelet de la même facture. Ces derniers, détendu, flottait à quelques centimètres du sol.

Avisant l’état de David, la jeune femme éclata d’un rire cristallin, avant de descendre au sol d’un mouvement souple et de prendre la parole:
“ Je m’appelle Thaïs. Je t’attendais. “

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Le Marionnettiste – Prélude de Faerasgar est mis à disposition selon les termes de la licence Creative Commons Paternité – Pas d’Utilisation Commerciale – Pas de Modification 3.0 non transcrit.

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