Il faisait nuit, il était seul, assis en tailleur au centre d’une clairière, jetant par moment des brindilles sèches dans le feu qui se dressait devant lui. Appréciant le silence, ponctué des craquements du bois sec sous les assauts de la flamme, ou du léger bruissement des feuilles sous le vent.
Seul.
A écouter le doux clapotement de l’eau dans le ruisseau à proximité, le hululement des chouettes et la course effrénée des animaux nocturnes.
Il sorti de son sac deux brochettes sur lesquelles étaient empalés de bons morceaux de boeuf frais qu’il couvrit d’herbes, en offrant ensuite la saveur crue au feu vorace. Il les retira un moment plus tard, la douce odeur des herbes attisant son appétit, et se fit seul un festin des deux.
Puis, il s’allongea sur une couverture, les mains croisées derrières la tête, cette dernière regardant les étoiles. Des étoiles scintillantes, à l’inverse de celles qui l’occupaient, brillant d’un espoir qu’elles ne pouvaient transmettre. Puis la lune, blafarde comme ayant perdu son éclat parmi ses soeurs, mais seule, comme son spectateur.
Il s’endormit finalement, et fit un rêve magnifique, dont il se réveilla en sursaut. Il tourna la tête à droite, à gauche, puis la secoua, non, personne.
Seul pour admirer le lever de l’astre solaire, embrasant la fracture de l’horizon, diffusant sa lumière pourpre teintée de jaune parmi les cimes et les troncs, halo que la multitude de feuilles, couvertes de la rosée du matin, ré.fléchissaient avec fierté.
Il souri, non sans peine, sorti son couteau, et déjeuna d’une pomme et de pain frais, appréciant la caresse de l’éveil de l’astre. Puis il fit lentement tourner la lame de son couteau, qui, jouant avec le soleil, scintillait à présent d’un rouge intense, il se rallongea enfin et ferma les yeux
Le sang de ses poignets alla lécher les vestiges du feu de sa nuit.

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