World of violence

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Nous vivons dans un monde trouble, un monde de mensonges, de vols et de coups bas, ou les hommes quêtent parfois dans la fange qu’ils ont créée, mirages d’eux même dans les cendres de leurs désillusions. Ce monde n’est qu’une jungle, un îlot de violences intermittentes, omniprésentes, une arène d’animaux marquant leur territoire, griffant, feulant, feintés.
C’est une fosse érodée de force effluves, bassesses relatives noyées dans un flot de soeurs, drapées d’ombre plus que de fierté. Et pour seuls mécènes à ce carnage, des bêtes du mal liées d’égoïsme plus que de talent, forgées de ruse plus que de sagesse.
Cloaque malsain, reflet d’âmes suintant la perfidie par les craquelures de leur vernis, masque composé et figé dans l’utilité pour mater l’expression jugée vile, sentiments bafoués et reniés, détrônés et occultés, lustrant le siège du paraître pour asseoir le siège de la duplicité.
Nous rampons, arrachant les derniers lambeaux de ce monde gâché, calcinant d’une ombre veule la vie qui gorgeait ces prairies, nous paissons naïvement, moutons des bergers s’aveuglant de leurs propres mensonges, s’affirmant par la force ou la lâcheté, n’ouvrant l’oeil que pour abattre les égarés.
Nous même bercés de nos illusions, nous accordons l’importance méritée de nos fantasmes médités, clouant dans l’ombre du placard nommé futur les fous dénouements de nos cauchemars prémonitoires.
C’est une terre-sangsue gorgée des rêves et des espoirs de chacun, rayonnant de fantasque et de fantasmes, privant sa charge de sa magie, évacuant son cadavre rongé par les seuls courants n’ayant porté les hommes, gageant l’arrivée de son prodige en première place dans l’océan.
L’air même est pestiféré, portant les cris des bêtes subjuguées, masquant l’ébat de la meute jugulée, ce vent obstrue les pores de l’épiderme chimique que des chefs de bande cyniques mettent au point dans une finance secrète.
C’est une vie flétrie dont je vous parle ici, d’un tableau noirci des erreurs des untels, cependant, c’est dans les ténèbres les plus obscures que la lumière parait la plus vive, et c’est ainsi que dans cet abîme incertain s’embrase la beauté quand l’union est de mise.

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