[ Vers libre ]
Triste fatalité que cette plume séchée
Triste cette amertume qui embrume ma pensée
Les mots se confondent, les mots se dérobent
Ombre d’une hantise que je voile d’opprobre.
Et tandis qu’un moral s’acharne à broyer
Ce noir létal qui me laisse dépravé
Je froisse rageusement cette feuille effleurée
Ce papier maculé, malmené, délaissé
Qu’une sourde oppression salissait de stérile
Une main hésitante, une pensée délébile.
L’anarchie bien présente festoyant sous mon aile
Dont ces vers chaotiques sont les fils éternels
Pose l’air misérable d’un discours malhabile
Et ces lèvres muettes écorchées d’un silence
Et ces ongles rongés en témoins d’une absence
Sont les traces inavouées d’un exode de confiance
Qu’une faiblesse s’invitant, aura mu en errance
En esprit bien souvent, sinon tard dans la nuit.
Et je suis las de l’emmener
Ce vide d’une solitude
Si las de le trainer
Dans l’hiver froid et rude
Et l’automne, si changeant
Tant de feuilles, tant de vent
Tombées comme mes espoirs
Meurtries du temps, des soirs
Ou une veille solitaire se ronge une raison
Enlevé, ce masque pâle
Envolé, cet idéal
Quand la dernière lueur s’éteint
Quand le vent siffle un silence
Une cape de nuit sur le dos
Regardez moi, je suis nouveau.
Faerasgar

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