Overdose

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Mais comment ai-je pu te laisser t’endormir là Léa ?
Piocher dans la vie une main des pires des aléas
Rêver les yeux écarquillés pour ne jamais t’éveiller
Que dans le rêve d’un autre dont tu n’avais la clef
Etait-ce ce passé oppressant qui trop lourd t’accabla ?
Etait-ce ce présent pressant sans recours qui te troubla ?

Ton teint d’albâtre est désormais rougi de plaques
De vives démangeaisons calmées d’un coup de cognac
La lueur espiègle au fond de tes yeux bleus se réfugiant
Sous les épaisses et sinistres cernes les enlaçant

De ta formidable énergie subsiste cet éclatant sourire
Vue d’un bouquet de joie intense sur ton visage fleurir
Non plus de sa blancheur mais de son énergie brute
Innocence sauvée de l’acide et ses descentes abruptes
Comme un fugace fragment du passé au déclin imminent
L’euphorie de l’exception primée dans le drame permanent

Pilule après gélule, en poudre et vapeurs je t’ai vue t’évader
D’une cellule à une autre de ta tête sans jamais venir t’aider
Seulement glisser quelques doigts à travers les barreaux
Te caresser tendrement la joue en innocent bourreau

Et je te vois maintenant, poupée grotesque et désarticulée
« Léa, non, pas toi. Pourquoi ? », mon souffle peine d’articuler
Affalée dans le sofa, seringue glissant au bout des doigts
Effaré j’étoffe ma mémoire d’un souvenir qui te revient de droit
Un souvenir à occulter, celui d’une frayeur incarnée
Celui qu’une aiguille a volé lorsque tu t’es envolée

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