Emy, sweet Emy...

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[ Alexandrin / Octosyllabe ]

Le 3 juillet en déguisement de jour d’effroi
Emy était trop loin pour en entendre le glas
Cette Emy insouciante dans les bras de papa
Voyant sa mère et le docteur parler là bas
Puis le docteur partit, maman pleura tout bas
Un regard à sa fille pour qu’elle s’effondre là

Le 6 au soir, Emy jouant fut vite lassée
Une heure avait suffit pour qu’elle en ait assez
Plusieurs sanglots et longues piqûres étaient passés
Doses de fatigue liquide à la morsure glacée
Qu’Emy peinait chaque jour passant à repousser
Bradant sa joie pour un futur qui s’effaçait

Et 2 semaines passèrent, les choses avaient changé
Les doux mensonges criaient maintenant “danger”
Emy était très jeune, trop jeune pour bien saisir
Qu’une mort précoce puisse survenir sans même un tir
Et d’ignorance c’est l’innocence qui demanda
“Maman tu pleures, dis moi pourquoi ça ne va pas ? “

Et le temps s’était figé au bout de ses mots
En prélude de ces vérités à demi-mots
Puis le silence, “Maman dis moi, mais parle moi !”
Et sa mère pleure, brise le silence, fait quelques pas
“Ma chérie tu es malade, et c’est assez grave”
Emy encaisse, sa mère l’aime fort elle serait brave

Et puis deux mois, voilà septembre
Emy a peur, se met à rendre
La vie au lit, la vie assis
C’était sa vie, c’était ainsi
Tout un futur rempli de si
D’une énergie en dents de scie

Ortobre est là, l’air tellement lourd du 5 au soir
Emy fatigue et se prépare pour son départ
Cette peur de n’avoir guère le temps d’un au-revoir
La terrorise, l’enlace des bras du désespoir
Mais c’est la joie qu’Emy choisit pour dernière drogue
C’est l’overdose qui la mènera vers l’épilogue

Et la nuit s’étire, prend des grands airs de rapace
En vautour sur les doutes, n’y laissant guère de place
Puis le soleil se lève, dardant quelques rayons
Maman cligne des yeux, papa s’éveille grognon
Et c’est sur ce tableau qu’Emy ouvre les yeux
Grands yeux bluffés d’un rien à l’aube de ses adieux

Mais sa belle vision s’est troublée le lendemain
Le sac vidé, papa qui lui tenait la main
“ Maman j’ai peur, dis moi que ça va ? “
“ Ca va mon ange, maman t’aime fort “
Elle s’interrompt, c’est trop d’effort.
Puis quelques larmes, Emy s’en va

Voici le drame qui se déroule
Ici d’une peine qu’une mort inflige
Une ligne se fige, le temps s’écoule
Papa s’écroule, maman se fige
Puis ils s’enlacent, tétanisés
Leur vie marquée, aseptisée.

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