[ Alexandrin ]
De ce premier regard noyé dans un tel nombre
Enfant prématuré d’une pensée fugace
C’est ainsi le moral absent et l’humeur sombre
Que pris de court et de surprise un sang se glace
D’un autre regard affronté dans la pénombre
L’étincelle effrontée d’une pensée tenace
D’une insistance dérangeante, l’esprit s’en encombre
Le sang se fige, le doute réveillé en pleine face
De ces autres regards soutenus dans les ombres
Origine d’une intrigue se faisant une place
L’hésitation s’enfuit, se rit même du surnombre
Un sang s’échauffe, et la peur chahutée s’efface
De ces soupirs de loin, de ces sourires en coin
Dans une pièce à l’air moite et saturé d’ivresse
Cueilli par le hasard, dénudé de tout soin
Rendant au spontané ses lettres de noblesse
Un contact électrique offert par quelques pas
Du bout des doigts à l’angle d’une joue, le long d’un bras
Les parfums s’entremêlent, se joignant au ballet
D’une alchimie subtile et privée, juste née
Un sens de plus s’éveille d’un mot au creux du cou
Les barrières s’effondrent et l’on en devine beaucoup
Le destin lui, écrit une première page sans faute
Au futur imprécis de roman ou de note
Un très beau lien se crée et se renforce, nourri
De quelques échanges verbaux vibrants, réussis
Le non verbal s’époumonant d’une vérité
Entendue de douces caresses en intimité
Paupières mi-closes et soupirs rauques, plus de palabres
Désir s’installe et Coeur s’emballe, incontrôlables
Ainsi uni on se prélasse, on se délasse
Toute cette envie se consume et les corps s’enlacent
Le désir est tari et le doute est si loin
Bien derrière et devant, sous le nom d’avenir
Et on se demande de quoi sera fait demain
S’oubliant d’un câlin qui fait toujours frêmir

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