[ Alexandrin / Octosyllabe ]

Avez vous déjà perçu son faible murmure
Aux heures creuses du sommeil, aux allures de parjure
Qui se cache du soleil d’une parure de veille
Qui au jeu du réveil ardemment s’y essaye

Avez vous senti son emprise sur votre poul
Sur votre souffle court prisonnier d’un étau
Battements rugissants à chaque expiration
Apaisés à grand peine d’une longue concentration

La pupille dilatée sans valable raison
Le stress jubilant là, vidant sa cargaison
Sur un contrôle tenu digne d’un nourrisson
Assaillant cette carcasse d’une armée de frissons

L’avez vous surprise un jour d’humeur incendiaire
Enflammant à tout va votre paix et vos nerfs
Laissés à vif sous quelques bouffées de chaleur
Vous offrant un sursaut dès qu’un son prend ampleur

Bien avant l’aube elle vous harcèle
A toutes vos peurs elle vous rappelle
De tous vos vices elle vous lacère
Toute la nuit vous exaspère

Et vous l’avez apprivoisée
Scellant un pacte à vous damner
Lui sacrifiant vos rêves nocturnes
Pour honorer leurs frères diurnes

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[ Alexandrin / Octosyllabe ]

Le pinceau suspendu dans l’air, loin d’être repu
Le crin chargé d’encre à la course interrompue
A mi chemin vers une toile à peine bafouée
D’une vague esquisse de quelques traits

La plume arrêtée net, privée d’inspiration
Les doigts crispés sur le stylo de frustration
Laissant sur la feuille blanche un ersatz de succès
L’amas de pattes de mouches infâme d’une resucée

Feuilles et cordes se moquent de concert
Touches et souffles s’affirment adversaires
La toile vous toise de sa hauteur
Tout semble rire de vos lenteurs
De votre esprit si infertile
De vos idées si infantiles

Puis le déclic détonne en vous
Tous vos moyens au rendez-vous
La feuille se retrouve malmenée
La brosse s’anime sous votre nez
Papier et air à l’agonie
Ployant sous encre ou symphonie

La tête se retrouve assistante
D’un coeur à l’oeuvre, tacite entente
Chaque pulsation tirant sans peur
Le bout d’un démon intérieur
Pour l’expulser et qu’aboutisse
Le fruit d’une transe libératrice

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[ Vers libre ]

A l’heure ou la lune reprend ses droits
Rendant ses vices et tentations à qui de droit
Comme nos plus bas instincts qui s’éveillent en sursaut
L’épaule en avant sur la retenue des plus sots

A l’heure ou la tisane s’infuse dans les tasses des uns
Que l’alcool se diffuse dans le sang de tant d’autres
Le verbe fort, les sens grisés par trop de vin
Parlant à tort et à travers, se rapprochant de l’autre

Le premier pas dehors aiguise des sens déjà ravis
L’excitation jugulée à sa guise, prêt à croquer la vie
Dans la fraicheur du soir la soirée se dessine en esprit
On prévoit tout un monde, excluant le mépris

Et puis la fête commence, on s’enfonce dans les décibels
Se faufilant entre les histoires naissantes et les récits d’amis
L’intérêt à l’affut d’un ton enjoué ou d’un discours rebelle
Juste pour le rire ou se jouer du débat, s’affirmer insoumis

Enfin l’épilogue arrive, la détente est à son comble
La tête dans les nuages ou au moins dans les combles
On regarde vers le bas et l’on se voit miroitant
Ce que l’on garde enfoui en nous depuis tant de temps

Les théories les plus douteuses se frayent ensuite un chemin
Prenant le pas sur le trivial, les armes contre les potins
Prononcées d’une voix pâteuse la paupière lourde
Avant que le fardeau de fatigue rende l’oreille sourde

Les bouches deviennent muettes et la conscience s’éteint
On s’évade dans nos rêves, on s’y égare sans fin
Et l’on devine que ce visage aux traits tirés
Tire un trait dans ses songes sur l’angoisse mal ancrée

Encore un beau souvenir au livre d’or
Au défilé d’une existence devant nos yeux
Au crépuscule de la vie, guettant l’aurore
Priant pour un vieux prologue auprès des dieux

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[ Alexandrin / Octosyllabe ]

Vous affluez ici en groupe vous émouvoir
Et quérir ou semer là votre ultime espoir
Coeur encore gros au crépuscule d’un tel voyage
La chance sourit aux audacieux, ce vieil adage
Dont votre voix muette a ce moment crucial
A ignoré le sens pratique, erreur fatale

« Viens danser belle rencontre, encore quelques instants
Couvrons la rosée de nos souffles haletants »
Couple de phrases échouées à l’orée de vos lèvres
Brisées contre les récifs d’une audace trop brève
Débris piégés demain dans la vase des regrets
La langue acerbe, le verbe amer sur cette lâcheté

L’effervescence de la fête s’efface doucement
On se souvient de sa silhouette, avidement
Aux contours imprécis d’une manière embellie
Polie ainsi, l’image rémanente s’impose à lui
S’impose à elle, amorçant donc cette course folle
Premier au manque avec distance pour seul bémol

Le gagnant se surprend dans la rue, dérouté
A calquer par moment le faciès recherché
Aux visages des passants dont les trais parfois proches
De l’enfant en son sein font pleuvoir les reproches
Chimère de gamin têtu frappant l’estomac
Quand l’instinct primaire snobé en fait tout un plat

Et le temps s’écoule, implacable
Gommant ce manque inconsolable
Face au vil silence de la foule
A votre chance qui vous refoule
Couvrons ce souvenir choyé
De ce superbe amour manqué

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/ Vers libre /

Toi qui es venu de loin, du haut de tes dix ans
Te faire prendre de haut et rejeter par tous ces gens
Qui t’en voudraient sans honte d’avoir atteint la terre
Les cheveux gorgés du sel de toute cette mer
Dans les bras de ton vieux père rongé par l’inquiétude
Préservant son sourire pour qu’en abuse ta faible quiétude

Inconnus hostiles drapés de riches tissus, à peine froissés
Contrastes vivants de ce que tu viens de vivre, analysant
Toute cette crasse amassée sous tes ongles, et oubliant
Jusqu’aux raisons même de ton exode, précipité

Traité avec mépris, exhorté à rejoindre tes pairs
A retourner vivre dans la peur, acculé à la frontière
Ou seules des bombes avides attendent ton retour
Fut un temps ou ta mère t’y aurait attendu au détour
De la rue empruntée tant de fois sur le chemin de l’école
Et tu repenses à son rire, à tes spasmes sur son épaule

La guerre aura frappé à sa porte comme à celle de tes amis
Les arrachant sur le seuil, rompant le contrat sans préavis
Et là, aujourd’hui, les mains dans la poussière tu te souviens
De ces journées au parc, ce beau soleil et ce bonheur qui était tiens

Depuis ton habitation de fortune tu caresses encore un rêve
Celui d’une éducation qui te semble refusée, inaccessible
Par des employés de bureau effrayés, ou impassibles
Pourtant bien moins diplômés que papa qui cherche sans trêve
Un emploi, une issue, sacrifiant sa santé sur l’autel d’un devenir
Hypothétique, presque utopique, pour son cher fils d’y parvenir

Assimilé à tort à des vermines moins scrupuleuses
Tu te fais malmener, invectiver, ta voix se fait anxieuse
Résistant pourtant à la facilité de la haine, de t’y confondre
Car papa se bat pour toi sans cesse sans se morfondre

Tu pourrais un jour désespérer, te dire qu’elles t’écoeurent
Ces silhouettes insensibles, doutant qu’elles aient un coeur
Mais n’oublie jamais que le destin est joueur et capricieux
Il pourrait te prendre de court un jour dans n’importe quel lieu
Et si d’habileté tu l’apprivoises avec patience
Peut-être se montrera-t’il radieux avec aisance

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